Transition écologique : l’Occitanie revendique ses premiers résultats

La Région présente un premier bilan positif de sa stratégie environnementale avec une nette progression des énergies renouvelables, une réduction des émissions de CO₂ et des actions concrètes en matière de gestion des ressources.

Alors que le changement climatique s’impose comme un enjeu central pour les territoires, la Région Occitanie dévoile les résultats de sa politique de planification écologique lancée en 2020. Objectif affiché : devenir la première région à énergie positive d’Europe à l’horizon 2050. À mi-parcours, les premiers indicateurs sont jugés encourageants par la collectivité.

Une dynamique forte sur les énergies renouvelables

En quatre ans, la production d’énergies renouvelables en Occitanie a progressé de 23 %. Cette augmentation s’appuie notamment sur le développement de l’énergie solaire, de l’éolien terrestre et d’une politique d’aménagement soutenant les projets locaux. Cette dynamique permet à la région de renforcer son autonomie énergétique tout en réduisant sa dépendance aux énergies fossiles.

Le transport ferroviaire régional, en particulier les trains liO, a également contribué à ce bilan en permettant d’économiser environ 200 000 tonnes de CO₂. La mobilité durable apparaît ainsi comme un levier essentiel de la transition menée par la Région.

Une meilleure résilience face au changement climatique

La planification écologique mise en place depuis 2020 ne se limite pas à la production d’énergie. Elle comprend également des actions visant à sécuriser l’accès à l’eau potable pour la population. Aujourd’hui, 1,5 million d’habitants bénéficient d’un approvisionnement renforcé, un enjeu crucial dans un contexte de tension sur la ressource en eau.

La Région met aussi l’accent sur la préservation des terres agricoles et des milieux naturels. En renforçant les outils de protection foncière, elle cherche à limiter l’artificialisation des sols et à garantir un développement équilibré du territoire.

Des résultats encourageants, mais un cap à maintenir

Si le bilan dressé est positif, il s’agit d’une étape intermédiaire dans un processus qui s’étale sur plusieurs décennies. Pour tenir son objectif de région à énergie positive d’ici 2050, l’Occitanie devra poursuivre ses efforts en matière d’efficacité énergétique, de transformation des mobilités, d’adaptation au changement climatique et de gestion durable des ressources.

La stratégie mise en œuvre depuis 2020 semble donc avoir posé des bases solides. Reste désormais à maintenir cette trajectoire dans la durée pour concrétiser une transition écologique durable et structurante pour l’ensemble du territoire.

Chambley-Bussières : le futur parc photovoltaïque de 51,5 MWc entre en phase décisive

À Chambley-Bussières, la transition énergétique prend racine. Ce 29 juillet marque un tournant pour l’un des projets solaires les plus ambitieux du Grand Est. Sur l’ancienne base aérienne, collectivités et partenaires publics-privés se sont réunis pour signer un engagement commun autour du futur parc photovoltaïque, dont la mise en service est prévue pour 2027.

Un projet structurant, à forte valeur territoriale

Derrière ce projet d’envergure : 51,5 mégawatts-crête (MWc) de capacité installée, répartis entre 35,5 MWc au sol et 16 MWc en ombrières. De quoi alimenter plusieurs milliers de foyers en électricité verte et renforcer l’autonomie énergétique du territoire. Le permis de construire a été déposé au printemps dernier, et la phase d’engagement contractuel s’amorce désormais.

Les signataires de ce partenariat sont nombreux et représentatifs : la Région Grand Est, la société d’économie mixte Grand Est Énergie, la SiPEnR, les communes d’Hagéville, Dommartin-la-Chaussée, Saint-Julien-lès-Gorze, ainsi que la Communauté de communes de Mad et Moselle.

Une gouvernance participative revendiquée

Plus qu’un simple projet d’infrastructure, le parc photovoltaïque de Chambley-Bussières se veut un modèle de gouvernance citoyenne. Les acteurs impliqués affichent la volonté d’associer pleinement les habitants et les collectivités locales à la conduite du projet. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de démocratie participative, aujourd’hui souvent réclamée dans les projets liés à la transition écologique.

« Cet engagement commun est bien plus qu’une signature. C’est le symbole d’une dynamique locale qui veut concilier ambition énergétique et acceptabilité sociale », souligne un représentant de la Région.

Un investissement de 44 millions d’euros

Le coût total du projet est estimé à 44 millions d’euros. Une enveloppe qui reflète l’ampleur de l’initiative, mais aussi l’espoir qu’elle suscite en matière de retombées économiques locales : création d’emplois, revenus fonciers pour les communes, développement d’un tissu industriel autour des énergies renouvelables.

D’ici 2027, le site de Chambley pourrait donc devenir une vitrine régionale de la transition énergétique — et une référence en matière d’engagement collectif pour le climat.

Photovoltaïque : une année record pour le Luxembourg

Le Luxembourg a franchi un cap majeur dans le développement de l’énergie solaire. En 2024, le pays a ajouté 156 mégawatts (MW) de puissance photovoltaïque, soit le double des 77 MW installés en 2023. La capacité totale atteint désormais 550 MW, selon les derniers chiffres publiés par l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR).

Des objectifs climatiques toujours en ligne de mire

Cette progression s’inscrit dans le cadre des engagements du Plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNEC). Le Luxembourg vise à dépasser les 100 MW d’installations photovoltaïques par an d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement met l’accent sur la valorisation des surfaces imperméabilisées, comme les toits, les parkings ou encore les façades d’immeubles.

Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a réaffirmé ces priorités devant la Chambre, en réponse à une question parlementaire de la députée écologiste Joëlle Welfring.

Une explosion du nombre d’installations

La dynamique est aussi visible dans le nombre de centrales solaires. Le pays en comptait 8 361 en 2020, 13 622 en 2023 et 22 610 à la fin 2024. Cette croissance est largement soutenue par un système de subventions avantageux, notamment pour les installations de moins de 30 kW, qui séduisent de plus en plus de particuliers et de petites entreprises.

Selon Lex Delles, cette tendance devrait se maintenir en 2025, preuve de la solidité du modèle luxembourgeois de soutien au solaire.

Une stratégie élargie aux grandes centrales

Pour aller plus loin, le Luxembourg a lancé en juillet de nouveaux appels d’offres destinés à soutenir les projets de grande envergure, dont ceux liés à l’agrivoltaïsme. Cette technologie combine production d’électricité solaire et exploitation agricole sur une même parcelle, une approche qui pourrait devenir clé dans la transition énergétique.

Des aides renforcées pour les collectivités

En parallèle, le gouvernement prévoit une refonte des aides aux communes, via le fonds climat-énergie, pour faciliter l’équipement des parkings publics en installations solaires. Le développement du photovoltaïque sur les façades et les infrastructures urbaines est également encouragé.

Une transition énergétique bien engagée

Avec des chiffres records, des objectifs clairs et une politique d’incitation bien rodée, le Luxembourg confirme son accélération vers un mix énergétique plus durable. Si le rythme actuel se poursuit, le pays pourrait non seulement atteindre, mais dépasser ses objectifs climatiques à l’horizon 2030.

Rodez mise sur le solaire : la piscine Aquavallon se couvre de panneaux photovoltaïques

La transition énergétique se concrétise à Rodez. Le chantier vient tout juste de débuter à la piscine Aquavallon, où d’imposants travaux sont en cours pour équiper le toit de l’établissement de plusieurs centaines de panneaux photovoltaïques. Une première étape marquante dans un plan ambitieux porté par Rodez Agglomération pour renforcer son autonomie énergétique.

Derrière ce projet : une volonté claire de la collectivité, portée par son président Christian Teyssèdre, de faire basculer le territoire vers les énergies renouvelables. Et cela passe par l’action concrète.

524 panneaux installés sur la toiture de la piscine

Les travaux, lancés mardi, commencent par le retrait du bardage de toiture actuel. Viendra ensuite la pose de 524 panneaux solaires sur une surface de 1 050 m², opération confiée à la société Mecojit, basée à Capdenac-Gare et spécialisée dans l’ingénierie énergétique. À la clé : une production attendue de 252 MWh par an, directement utilisée pour faire fonctionner les infrastructures municipales.

Si cette installation se limite à Aquavallon pour l’instant, elle s’inscrit dans un projet global beaucoup plus large.

Objectif 2035 : l’autoproduction totale d’électricité

Depuis 2022, avec l’explosion des prix de l’énergie accentuée par la guerre en Ukraine, Rodez Agglomération a accéléré sa réflexion sur sa dépendance énergétique. Résultat : un objectif ambitieux est aujourd’hui affiché. La collectivité vise 100 % d’autoproduction électrique d’ici 2035.

Premières cibles de cette transition : les piscines municipales, particulièrement énergivores. Aquavallon à Rodez et la piscine Géraldini à Onet-le-Château représentent à elles seules la moitié des dépenses énergétiques de l’agglomération.

Mais la stratégie va bien au-delà.

Plus de 1 100 panneaux à venir sur d’autres sites stratégiques

D’ici quelques mois, 1 122 panneaux supplémentaires devraient être déployés sur d’autres installations communautaires : bassin d’orage de Bourran, gare routière, centre technique, parking relais de la Crouzette… La production combinée devrait atteindre 882 MWh par an, équivalant à la consommation annuelle de près de 500 habitants.

2 millions investis pour 216 000 euros d’économies annuelles

Le coût de cette première vague d’investissements est estimé à 2 millions d’euros pour l’année 2025. Un montant conséquent, mais qui s’accompagne de 37 % de réduction des dépenses électriques sur les sites concernés. Soit plus de 216 000 euros d’économies par an, selon les projections de Rodez Agglomération.

En ligne de mire : une transition énergétique maîtrisée, durable, et synonyme de souveraineté énergétique locale.

Les énergies renouvelables prennent le pouvoir : la fin de la domination fossile

La révolution énergétique annoncée depuis des années n’est plus un projet à venir : elle est désormais en cours, massive et irréversible. Deux rapports majeurs publiés ce mardi par les Nations unies et l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) le confirment : les énergies propres ne sont pas seulement plus vertueuses, elles sont aujourd’hui plus compétitives que les énergies fossiles.

Un tournant historique pour la production d’électricité

En 2024, la capacité mondiale en énergie renouvelable a connu une croissance record avec 582 gigawatts supplémentaires, soit une hausse de près de 20 % par rapport à l’année précédente. C’est la plus forte progression annuelle jamais enregistrée. Ce bond illustre une tendance désormais installée : la quasi-totalité des nouvelles capacités de production d’électricité construites dans le monde proviennent de sources renouvelables.

Selon les Nations unies, dans la plupart des cas, le solaire et l’éolien sont devenus les options les moins chères et les plus rapides pour développer de nouvelles capacités électriques. Une transformation majeure dans l’économie mondiale de l’énergie.

Le vent, le soleil et l’investissement redéfinissent le paysage mondial

Près des trois quarts de la croissance de la production électrique mondiale en 2024 ont été générés par des ressources vertes. L’IRENA confirme cette évolution : plus de 90 % des nouvelles installations renouvelables ont produit de l’électricité à un coût inférieur à celui des combustibles fossiles les moins chers.

L’énergie solaire est aujourd’hui 41 % moins chère que les solutions fossiles. L’éolien en mer affiche même une baisse de 53 % par rapport aux coûts fossiles, devenant ainsi la technologie renouvelable la plus abordable.

L’essor des renouvelables se reflète aussi dans les flux financiers. En 2023, 2 000 milliards de dollars ont été investis dans les énergies propres. C’est 800 milliards de plus que ce qui a été alloué aux énergies fossiles, et une augmentation de plus de 70 % en une décennie.

Un moteur de croissance économique mondiale

La transition énergétique ne se limite pas à une évolution technologique ou environnementale. Elle devient un pilier central de la croissance mondiale. Rien qu’en 2023, les énergies renouvelables ont contribué à 10 % de la croissance du PIB global, et à près d’un tiers de la croissance en Europe.

Cette tendance marque aussi un tournant structurel : dans de nombreuses économies avancées, la croissance économique se poursuit alors même que les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un plafond. Pour les Nations unies, il s’agit d’une preuve que la croissance peut enfin se découpler de la pollution.

Des obstacles persistants sur le chemin de la transition

Malgré ces avancées majeures, des menaces planent. Francesco La Camera, directeur général de l’IRENA, avertit que des tensions géopolitiques, la hausse des droits de douane et les contraintes sur les matériaux critiques pourraient freiner cette dynamique et faire remonter les coûts.

En Europe, des obstacles structurels compliquent la progression. Lenteurs administratives pour les permis de construire, réseau électrique sous-dimensionné et coûts persistants liés à l’infrastructure nuisent à l’accélération nécessaire.

Autre paradoxe souligné par le secrétaire général de l’ONU António Guterres : les combustibles fossiles continuent de bénéficier de subventions publiques neuf fois plus importantes que les énergies renouvelables. Selon lui, les pays qui s’accrochent aux combustibles fossiles ne protègent pas leur économie, ils la sabotent.

Une course mondiale encore à arbitrer

La transition vers un modèle énergétique propre n’est plus une hypothèse mais une réalité. Toutefois, son rythme et son équité dépendent de décisions politiques urgentes. Garantir des chaînes d’approvisionnement ouvertes, renforcer la coopération internationale, investir dans les infrastructures et surtout soutenir les pays en développement seront des éléments déterminants.

La bascule est enclenchée. Le défi, désormais, est d’en faire une réussite mondiale.

Toul-Rosières : la renaissance solaire d’une ancienne base militaire

Dans l’est de la France, à quelques kilomètres de Nancy, le parc solaire de Toul-Rosières illustre à la perfection comment une friche militaire peut se transformer en fer de lance de la transition énergétique. Installée sur l’emprise de l’ancienne base aérienne 136, désaffectée depuis 2004, cette centrale photovoltaïque figure aujourd’hui parmi les plus puissantes de l’Hexagone, avec une capacité installée de 115 mégawatts-crête (MWc).

Une reconversion ambitieuse, portée par un territoire

Le projet a été initié dès 2009 par la Communauté de communes Vals de Moselle et de l’Esch, désireuse de redonner vie à cet espace stratégique de 520 hectares. Porté par EDF Énergies Nouvelles (désormais EDF Renouvelables), le chantier a été colossal : avant même la pose du premier panneau solaire, le site a dû être profondément dépollué. Cela a impliqué le désamiantage de 170 bâtiments, la déconstruction de 280 structures, l’excavation de 8 000 tonnes de terres contaminées, ainsi que l’évacuation de multiples réseaux et cuves à hydrocarbures hérités de la présence de l’OTAN.

1,4 million de panneaux sur 120 hectares

La centrale, construite entre juin 2011 et mai 2012, s’appuie sur environ 1,4 million de panneaux photovoltaïques à couches minces. Fournis par le fabricant américain First Solar, ces modules utilisent du tellurure de cadmium (CdTe), une technologie bien adaptée à l’ensoleillement modéré de la région Grand Est. Les panneaux occupent 120 hectares, au sein d’un espace globalement aménagé sur 367 hectares.

Une énergie propre pour 55 000 habitants

La production annuelle de la centrale couvre l’équivalent de la consommation électrique (chauffage inclus) de 55 000 personnes. Elle permet en outre d’éviter le rejet de 4 600 tonnes de CO₂ chaque année, contribuant ainsi de façon significative aux objectifs climatiques de la France.

Intégration écologique et pastorale

Pensée dans une logique de développement durable, la centrale a été conçue pour préserver la biodiversité locale : corridors écologiques, zones sensibles protégées, habitats aménagés pour les oiseaux… EDF a même fait en sorte de maintenir une activité pastorale sur place, en surélevant certains panneaux pour permettre aux moutons de continuer à paître en toute sécurité.

Un investissement de 430 millions d’euros

L’ensemble du projet a représenté un investissement de 430 millions d’euros, avec un coût de production de l’électricité estimé à 0,0374 € par kWh, revendu environ 0,12 € au consommateur. La centrale est exploitée et entretenue par EDF EN Services pour une durée contractuelle de 20 ans. À terme, le site est entièrement démantelable, et les terrains pourront être réaffectés à d’autres usages par la collectivité.

Un modèle de reconversion à grande échelle

Le parc solaire de Toul-Rosières est plus qu’un site de production d’énergie : c’est un modèle de reconversion territoriale, de dépollution intelligente et d’intégration environnementale. En réinventant les usages d’un ancien espace militaire, ce projet prouve qu’écologie, économie et mémoire des lieux peuvent cohabiter durablement.

Solaire : la France dépasse les 2 700 MW raccordés au premier semestre 2025

La croissance du photovoltaïque continue de s’accélérer en France. Sur les six premiers mois de l’année, 2 765 MW de nouvelles installations solaires ont été raccordés au réseau Enedis, soit une hausse de 35 % par rapport à la même période en 2024.

D’après les données publiées sur le portail Open Data d’Enedis, le premier semestre 2025 se distingue par une forte dynamique. Les raccordements se répartissent entre 1 407 MW au premier trimestre et 1 358 MW au deuxième. En comparaison, la même période en 2024 totalisait 2 048 MW.

Une capacité nationale portée à 24,85 GW

Avec cette nouvelle progression, la capacité photovoltaïque cumulée du pays atteint 24,85 GW à la fin juin 2025. Un cap symbolique qui reflète la place grandissante de l’énergie solaire dans le mix électrique français.

Des installations toujours majoritairement tournées vers l’injection

Dans le détail, 1 922 MW ont été raccordés en injection totale sur le réseau. Les installations en autoconsommation avec injection du surplus représentent 726 MW, tandis que celles en autoconsommation sans aucune injection n’atteignent que 116 MW.

Malgré un intérêt croissant pour la consommation locale sans vente à EDF OA, notamment depuis la baisse des tarifs d’achat, cette pratique reste encore marginale. Elle pourrait cependant gagner en popularité dans les prochains mois.

Le stockage reste discret

Les projets intégrant des batteries restent l’exception. Sur les 2 765 MW raccordés, seuls 53 MW sont associés à une solution de stockage. 20 MW concernent des installations de moins de 35 kW, et 32 MW des projets en moyenne tension (HTA).

En tout, 84 MW de capacité de stockage ont été ajoutés au réseau Enedis depuis le début de l’année, un chiffre stable par rapport à 2024.

Une dynamique à confirmer

Les six premiers mois de 2025 montrent une nette accélération du photovoltaïque en France. Cette tendance devrait se poursuivre, portée par la baisse des coûts, l’urgence climatique et les ambitions de transition énergétique. Reste à voir si le second semestre confirmera l’essor de l’autoconsommation sans injection et l’essor tant attendu du stockage.

Photovoltaïque : l’Allemagne franchit le cap des 7,1 GW installés au premier semestre 2024

Alors que l’Europe intensifie sa course à la transition énergétique, l’Allemagne se démarque une nouvelle fois. Le pays a ajouté 7,1 gigawatts (GW) de capacité photovoltaïque au premier semestre 2024, selon les chiffres de l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur). Un volume qui représente près de trois fois les nouvelles installations réalisées en France sur la même période.

Avec 905 mégawatts (MW) déployés rien qu’en juin, Berlin confirme sa dynamique offensive en matière de solaire, après un début d’année particulièrement vigoureux : plus de 3,2 GW avaient déjà été raccordés entre janvier et février.

Une répartition contrastée selon les segments

Dans le détail, les 7 018 MW nets installés au cours du semestre se répartissent comme suit : 3 817 MW pour les installations en toiture, 2 872 MW pour les grandes centrales au sol, 273 MW via les modules solaires à brancher, et 94 MW pour d’autres types d’installations (parkings, murs antibruit, bâtiments divers).

Mais derrière ces chiffres impressionnants, un glissement s’opère : en juin, les installations sur toiture ont connu un net ralentissement, atteignant leur plus bas niveau mensuel depuis janvier avec seulement 439 MW répartis sur 28 910 sites. Même tendance du côté des grandes centrales au sol, limitées à 319 MW sur le mois.

Les modules “plug & play” gagnent du terrain

En revanche, les systèmes solaires « plug & play », très prisés par les particuliers, poursuivent leur montée en puissance. En juin, 44 514 unités ont été déclarées, représentant 55,5 MW. Ce segment, désormais incontournable, dépasse depuis plusieurs mois le volume des installations classiques sur toiture.

Une régulation plus stricte pour stabiliser le réseau

Depuis février, l’entrée en vigueur du Solarspitzen-Gesetz — ou loi sur les pics solaires — marque une inflexion dans la politique de soutien au solaire. Elle prévoit notamment la suppression des aides financières pour les heures de production où le prix de l’électricité devient négatif. Une situation qui s’est produite à 389 reprises durant le premier semestre. L’objectif : encourager une meilleure synchronisation entre production et demande, et éviter les surproductions incontrôlées.

Une trajectoire alignée avec les objectifs climatiques

Avec une moyenne mensuelle qui frôle les 1,2 GW, l’Allemagne semble en bonne voie pour atteindre, voire dépasser, les 18 à 20 GW d’installations photovoltaïques annuelles qu’elle s’est fixée pour tenir ses objectifs climatiques. Un rythme qui contraste avec la lente montée en puissance observée dans d’autres pays européens, dont la France, qui n’a installé que 2,7 GW sur la même période.

En matière d’énergie solaire, le leadership allemand ne se contente plus de ses ambitions passées : il s’affirme désormais dans l’exécution rapide, le volume et la diversification des usages.

Énergies renouvelables : l’Europe accélère, le charbon s’efface

L’Union européenne poursuit sa mue énergétique. Selon les dernières données publiées par Eurostat le 2 juillet, les énergies renouvelables se sont hissées en 2024 au sommet du mix électrique européen, confortant leur place de première source de production. Une dynamique alimentée par un contexte de transition climatique renforcée et une volonté d’indépendance vis-à-vis des énergies fossiles.

Les renouvelables en nette progression

L’approvisionnement en énergies renouvelables a progressé de 3,4 % par rapport à 2023, pour atteindre environ 11,3 millions de térajoules (TJ). Une avancée significative qui confirme la trajectoire verte de l’UE, portée par l’essor de l’éolien, du solaire et de la biomasse, dans un contexte de réduction continue des émissions carbone.

Le charbon, une sortie désormais actée

Symbole des énergies du passé, le charbon continue sa chute libre. En 2024, l’approvisionnement en lignite a reculé de 10 %, tombant à 199 millions de tonnes, tandis que celui en charbon dur a plongé de près de 14 %, atteignant 111 millions de tonnes. Ces volumes sont les plus bas jamais enregistrés depuis que ces données sont compilées à l’échelle européenne — un signal fort de la désaffection croissante pour cette source polluante.

Gaz et pétrole : entre stabilisation et recul

Malgré une année 2023 marquée par une baisse historique, le gaz naturel connaît un léger rebond avec une hausse de 0,3 % en 2024, soit 12,8 millions de TJ. Une reprise modérée, à surveiller de près, qui pourrait témoigner d’une stabilisation de cette énergie fossile dans le bouquet énergétique européen.

Le pétrole, pour sa part, poursuit son repli. L’approvisionnement total en pétrole brut et produits dérivés s’est contracté de 1,2 %, s’établissant à 454 millions de tonnes. Une tendance cohérente avec les efforts de sobriété énergétique et la montée en puissance des carburants alternatifs.

Un virage énergétique encore fragile

Si ces chiffres traduisent une dynamique positive, le chemin vers une décarbonation complète reste semé d’embûches. L’UE devra maintenir, voire intensifier, ses investissements dans les infrastructures vertes, tout en sécurisant son approvisionnement dans un contexte géopolitique encore instable.

Mais une chose est sûre : en 2024, l’Europe a franchi un cap. Le déclin du charbon n’est plus une hypothèse, mais une réalité. Et les énergies renouvelables ne sont plus des alternatives, elles sont désormais au cœur du système.

Transition énergétique : la Côte-d’Or muscle sa stratégie solaire avec une nouvelle centrale à Dijon

Dijon – Le Département de la Côte-d’Or poursuit sa transition vers une énergie plus propre avec une nouvelle avancée symbolique. Un champ solaire de 200 m² vient d’être installé sur le toit de la cité Henry Berger, à Dijon, siège notamment de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Une initiative qui s’inscrit dans le Grand Plan Solaire lancé en 2023 par le Conseil départemental.

Une réponse locale aux enjeux climatiques

Face à l’urgence climatique, les collectivités locales accélèrent leur mutation énergétique. La Côte-d’Or entend bien jouer un rôle moteur. L’installation dijonnaise se distingue par sa technologie de pointe : des panneaux photovoltaïques bi-face couplés à des optimiseurs de puissance. Ce dispositif intelligent permettra une production annuelle estimée à 44 000 kWh, soit plus de 10 % des besoins énergétiques du bâtiment. Le tout en autoconsommation.

Ce choix technique assure non seulement une meilleure rentabilité, même en cas d’ensoleillement partiel, mais aussi une autonomie énergétique renforcée pour les services publics locaux.

Le solaire, pilier de la stratégie départementale

Ce nouvel équipement n’est pas un coup isolé. Il s’inscrit dans une politique globale portée par le président du Département, François Sauvadet, qui mise sur l’énergie solaire comme levier économique et environnemental.

« Le solaire est une ressource gratuite, inépuisable, et parfaitement intégrée dans notre paysage. Nous avons réduit de 14 % notre consommation de fluides et carburants, économisant 4,5 millions d’euros en 2024. Cette dynamique se poursuivra avec de nouveaux projets d’ici la fin du mandat », a-t-il déclaré.

Une approche cohérente et exemplaire

Au-delà du solaire, le Département multiplie les actions pour réduire son empreinte environnementale : rénovation thermique des bâtiments, mobilité décarbonée, sobriété énergétique. L’exemple du campus départemental « Osmose », conçu comme un modèle de performance environnementale, illustre cette ambition.

Avec ce nouveau pas franchi à Dijon, la Côte-d’Or se positionne comme l’un des départements les plus engagés dans la transition énergétique, misant sur des choix concrets et durables plutôt que des effets d’annonce.